L’Holocène ancien
Un monde plus chaud et plus vert. Le Sahara était une savane dont les habitants peignaient bœufs, danseurs et nageurs ; de l’Arabie à la Corne de l’Afrique, l’art rupestre passe des bêtes de chasse aux troupeaux dont vivaient les hommes.
Le monde d’alors
La glace a disparu et le monde est jeune, humide et vert. Le Sahara est un pays de lacs où se vautrent les hippopotames et paissent les troupeaux ; les moussons arrosent l’Arabie ; et de ces siècles généreux vient l’un des arts rupestres les plus joyeux jamais créés.
L’art
La peinture fleurit sur les parois d’abris ouverts plutôt qu’au fond des grottes : troupeaux multicolores du Tassili n’Ajjer, étranges « nageurs » flottants de la grotte des Nageurs en Égypte, récolteur de miel de La Araña grimpant à ses lianes en silhouette assurée. Les scènes deviennent des récits — chasses, danses, rassemblements, la vie quotidienne en mouvement.
Ce qu’ils représentaient
Les bovins avant tout : les troupeaux qui ont remplacé le gibier sauvage emplissent par milliers les panneaux d’Afrique et d’Arabie. Les figures humaines deviennent vives et sociables — archers, danseurs, familles — tandis qu’à Peruaçu, au Brésil, des treillis géométriques rouges et jaunes gardent des sens que nous ne savons plus lire.
Le voir aujourd’hui
Le Tassili n’Ajjer et le Gilf Kebir sont de vraies expéditions sahariennes ; Laas Geel, à une heure de Hargeisa, est étonnamment accessible pour un art de cette finesse. Le Valcamonica, gravé de cette époque jusqu’aux Romains, se visite aisément dans sa vallée alpine.
